Showing posts with label Films psychotroniques. Show all posts
Showing posts with label Films psychotroniques. Show all posts

Thursday, February 9, 2012

DAUGHTERS OF DARKNESS - LE ROUGE AUX LEVRES (1971)



" Your husband dreams of making out of you what every man dreams of making out of every woman : a slave, a thing, an object of pleasure ..." Comtesse Bathory
Synopsis : Un couple de nouveaux mariés (Danielle Ouimet et John Karlen) en voyage de noces s'arrêtent un soir au gigantesque Hôtel des Thermes d'Ostende en Belgique. En ce début d'hiver, l'hôtel est complètement désert et le couple ne compte y séjourner qu'une seule nuit, mais leurs plans changeront avec l'arrivée de la mystérieuse comtesse Elizabeth Bathory (Delphine Seyrig) et de sa superbe compagne Ilona (Andrea Rau). En quelques jours, la présence de plus en plus envahissante de la comtesse aura un effet cathartique sur les nouveaux mariés qui se découvriront chacun sous un tout autre jour ...


Historique : En plus d'être un film culte très original tant dans sa forme que dans son récit, LE ROUGE AUX LEVRES est d'un intérêt particulier pour le public québécois en raison de la présence de Danielle Ouimet, ex-actrice recyclée depuis en animatrice de talk shows de toutes sortes (dont sept ans à la barre de l'émission BLA BLA BLA). En 1971, forte du succès du film soft-porn VALÉRIE (1969) dont elle était la vedette, Ouimet se rendit à Cannes pour la presentation du film hors competition (hé oui ! VALÉRIE a été présenté au Festival de Cannes !! Autre époque ... ;) et "en l'espace de 15 minutes", comme elle le révèle dans l'entrevue faisant partie des extras du DVD, elle fut engagée par le producteur du film LE ROUGE AUX LEVRES qui demeure, selon elle, "le meilleur film dans lequel elle ait jamais joué. » On la croit sur parole, quand on regarde les autres titres faisant partie de sa courte filmographie (ex : L'INITIATION (1970), Y A TOUJOURS MOYEN DE MOYENNER (1973), ...). Compte tenu qu'elle en était à ses débuts à l'époque du ROUGE AUX LEVRES et qu'elle jouait en ANGLAIS en présence d'acteurs beaucoup plus chevronnés, on peut dire qu'elle s'en tire très bien. Ouimet dit beaucoup de bien en entrevue de Delphine Seyrig qui, apparemment, l'a protégé plus d'une fois du tempérament excessif du réalisateur Harry Kumel.

Ce dernier fait preuve à la réalisation d'un grand sens visuel, aidé en cela par les superbes images du directeur photo Eduard Van Der Enden. Ils ont su exploiter au maximum le potentiel terrifiant de l'Hôtel des Thermes qui, après l'hôtel Overlook du SHINING, est probablement l'hôtel le plus sinistre jamais filmé. Kumel était un grand admirateur de Joseph Von Sternberg et il lui rend un peu hommage en filmant Delphine Seyrig de la même façon que Sternberg filmait Marlene Dietrich à l'époque (ex : la première apparition de Seyrig sortant de sa limousine et où elle est éclairée de sorte que l'on ne voie que sa bouche, ses yeux demeurant dans l'obscurité, sans parler des nombreux plans où elle est filmée en flou, etc.). Il est étonnant qu'un réalisateur aussi talentueux que Kumel n'ait pas connu une plus grande carrière, tellement son style semble avoir influencé plusieurs autres cinéastes. Par exemple, Kumel innove dans DAUGHTERS OF DARKNESS en ayant plusieurs fois recours au fondu au rouge, choix très inhabituel qui sera repris par Bergman dans son CRIS ET CHUCHOTEMENTS un an plus tard. Et la séquence tournée à Bruges durant laquelle Stefan et Valérie aperçoivent des ambulanciers transportant le cadavre d'une jeune fille assassinée rappelle énormément une séquence semblable tournée à Venise par Nicolas Roeg dans DON'T LOOK NOW trois ans plus tard. Kumel et son scénariste Pierre Drouot renouvellent le genre en limitant les effets gore (pourtant très populaires à l'époque dans les films d'horreur de la Hammer Films) et en mettant plutôt l'accent sur l'ambiance, qui, à mesure que le film progresse, devient de plus en plus perverse, le jeune marié se révélant être une brute sadique et infidèle dont l'épouse s'affranchira tranquillement, pour être ensuite facilement séduite par la comtesse (sous-thème légèrement féministe ici). Le rythme plutôt lent du film fait en sorte que les scènes de violence soudaine ont un impact accru auprès du spectateur (i.e. scène où le mari bat sa femme à coups de ceinture (ci-dessous), scène où celui-ci attire sous la douche une vampire qui craint l'eau courante, etc.).



Ajoutons aux nombreuses qualités du film la performance exceptionnelle de Delphine Seyrig (qui, à l'origine, ne voulait pas jouer dans le film mais en fut convaincue par son mari Alain Resnais) en comtesse vampire à la voix rauque tout droit sortie des années 30s (et bénéficiant d'une garde-robe d'époque bien fournie), l'excellente trame sonore de François de Roubaix, et le plan final, qui réussit à rendre un effet propre aux toiles du peintre Magritte : une scène nocturne qui, après un léger panoramique vers le haut, révèle une lumière diurne ...

Bande-annonce de DAUGHTERS OF DARKNESS :





Saturday, December 26, 2009

LA POMME, LA QUEUE ET LES PEPINS (1974) ou "l'exploitation d'érotisme"

Les années 70s nous ont donné un grand nombre de comédies psychotroniques mal foutues caractérisées par « l’exploitation d’érotisme” (comme on pouvait le lire dans le TV Hebdo) et l’humour grivois. Mais le Québec n’est pas en reste ! Un homme ici a réussi, à lui seul, à donner au cinéma québécois ses œuvres “comiques” les plus vulgaires, les plus aberrantes de mauvais goût, et cet homme s’appelle Claude Fournier.

Dans un Québec en pleine révolution tranquille, Fournier a eu l'idée d’exploiter le filon en offrant au bon peuple ce que la religion catholique lui interdisait depuis trop longtemps. C’est probablement la seule raison qui explique l’étonnante popularité de ces navets aux scénarios débiles (et techniquement horribles) que sont LES DEUX FEMMES EN OR (1970), LES CHATS BOTTÉS (1971) et LA POMME, LA QUEUE ET LES PÉPINS (1974). Tous sont devenus des films cultes depuis (les deux derniers étant particulièrement difficiles à dénicher même dans les clubs vidéos les plus spécialisés).

Au fil des années, de nouvelles générations de jeunes cinéphiles québécois se sont approprié des extraits de ces petits chefs-d’œuvre pour les faire connaître à un nouveau public. Au début des années 90s, alors que le phénomène du Scratch-Vidéo (montage d’extraits de films et d’émissions de TV, voir ici) prenait de l’ampleur à Montréal, des soirées Scratch-Vidéo organisées dans des bars de Montréal par le collectif de Scratch-vidéastes NOS AMIS LA TV (qui comprenait Patrick Masbourian, André Lavoie (maintenant réalisateur de l’émission INFOMAN), Jean-François Boucher, François Chicoine et Dany Lavoie) ont permis la présentation publique de scratch-vidéos comportant de nombreux extraits du film culte LA POMME, LA QUEUE ET LES PÉPINS. Encore aujourd’hui, alors que le phénomène Scratch-Vidéo a été remplacé par les soirées TOTAL CRAP au Club Soda (organisées par Simon Lacroix et Pascal Pilote, voir ici), les montages qui y sont présentés rendent souvent hommage à ce classique du cinéma psychotronique québécois (un peu comme on le fait avec la version québécoise du film culte SLAP SHOT/LANCER FRAPPÉ). Plus récemment, dans le cadre de l’émission ICI LOUIS-JOSÉ HOUDE, Louis-José Houde a rendu hommage au film LA POMME, LA QUEUE ET LES PÉPINS en en diffusant des extraits juteux devant un public médusé.

Aux malheureux qui ne connaissent toujours pas ce monument de notre cinématographie nationale dans lequel on retrouve des comediens aussi connus que Janine Sutto, Gaetan Labreche, Rene Caron, Paul Buissonneau, etc., j’offre les extraits suivants :


Ti-Bé (Roméo Pérusse) et Adrienne (Janine Sutto) discutent du problème de Martial :



Compte tenu de la mauvaise qualite sonore du film (et pour le benefice de nos amis francais qui auraient de la difficulte avec l'accent quebecois), je retranscris ici les phrases cultes des differents extraits :


- Maudites bines qui veulent pas descendre ! C’est drôle, les nouvelles bines sont paquetées la tête en bas. Tu pètes pas, tu rotes avec ça. ... Y’est gras c’ui-là !

- Les bines, les cretons, la tête en fromage, c'est encore sauvage. Avec quoi tu penses qu’on fait peur aux anglais depuis 300 ans ??


*****************

Maurice (Réal Béland) en a long à dire sur le télé québécoise. Il en parle avec sa femme (Thérèse Morange) :




*************

Réal Béland et Roméo Pérusse se défoulent en jouant au billard. La serveuse en tenue légère n’est nulle autre que Francine Grimaldi !!


Tuesday, October 6, 2009

INCUBUS (1965)



Certains films cultes sont tellement obscurs qu'ils sont demeurés introuvables pendant de longues périodes de temps. C’est le cas du film INCUBUS (1965), film d’horreur tourné en esperanto (!) et mettant en vedette William Shatner.

Synopsis : Dans la contrée mystérieuse de Nomen Tuum, peuplée d'esprits maléfiques, la jeune succube Kia (superbe Allyson Ames) en a assez de séduire des hommes corrompus afin de les tuer et d'offrir leurs âmes au diable (Ils iront en enfer de toute façon, alors à quoi bon !). Elle tente donc de relever le défi de corrompre le noble et courageux Marc (William Shatner), mais son âme est tellement pure que c'est finalement lui qui la "corrompt" par la force de l'amour qu'il ressent pour elle et, à sa grande surprise, de l'amour qu'elle en vient à ressentir pour lui (C'est pas ce qui arrivait régulièrement au capitaine Kirk dans plusieurs épisodes de Star Trek ? ;)

Historique : Le film a été écrit et réalisé par Leslie Stevens, créateur de la série culte The Outer Limits (Au-delà du réel) (1963-1965). Il fallait être un peu fou (ou visionnaire ?) pour réaliser un film en Esperanto, langue parlée (ou comprise) par si peu de spectateurs, mais bizarrement, l’utilisation d’une langue “étrangère” donne à ce film américain tourné dans la région de Big Sur (Californie) un cachet “européen” intrigant (En fait, le noir et blanc, les nombreuses scènes tournées près de la mer, la protagoniste blonde aux allures suédoises parlant une langue étrangère, tous ces éléments donnent l’impression de visionner un vieux film de Bergman). L'intrigue, quoiqu'un peu mince, demeure captivante, en grande partie en raison de revirements complètement inattendus.

Leslie Stevens réussit à l’époque à convaincre certains artisans de la série Outer Limits a participé à son projet délirant, dont le légendaire directeur photo Conrad Hall (qui allait plus tard remporter de nombreux oscars pour son travail sur des films comme American Beauty ou Road to perdition et qui crée dans INCUBUS une ambiance onirique particulièrement envoutante) et le compositeur Dominic Frontiere (qui reprend ici les thèmes musicaux familiers de la série, dont ceux de l’épisode Nightmare). L’ensemble donne donc l’impression de regarder un épisode particulièrement tordu de la célèbre série d’anthologie (mais sans les limites imposées par la censure inhérente à la télé américaine des années 60s, ce qui permet à Stevens d’aller jusqu’au bout de son délire : INCUBUS comporte ainsi de nombreuses scènes de meurtres, un peu de nudité, des incantations démoniaques donnant vie à des créatures maléfiques et une séquence finale bizarroide où, trois ans avant Rosemary’s Baby, une femme se fait violer par un démon (prenant ici la forme d’une chèvre !! – voir ci-dessous).

Extraits :

Superbes images de Conrad Hall (en particulier la composition du plan de 0:17 a 0:34 sec)



L'hallucinante finale de INCUBUS (a partir de 2:20)



Le film INCUBUS connut un destin assez particulier : toutes les copies americaines du film furent accidentellement détruites peu de temps après sa sortie et le film fut considéré perdu à jamais, jusqu’à ce qu’on en découvre miraculeusement une copie à la Cinémathèque française de Paris au début des années 90s. Il fut alors remasterisé et est maintenant disponible en DVD (avec en bonus un commentaire de William Shatner et du directeur photo Conrad Hall).

Pour la petite histoire, sachez que le film INCUBUS semble avoir été marqué d’un mauvais sort : outre le fait que le film fut perdu pendant des années, l’acteur interprétant l’incubus (Milos Milos) assassina sa copine et se suicida peu de temps après la sortie du film, tout comme l’actrice jouant le rôle de la sœur de Marc (Ann Artmar) ! (Pour en savoir plus, lire l'excellent article "The curse of the INCUBUS" ici)

Film culte (pour moi) car il fait partie de ces films que j’ai mis des ANNÉES à retracer, pour enfin en trouver une copie dans un obscur club vidéo de Greenwich Village à New York.

Wednesday, May 13, 2009

DANGER DIABOLIK (1968)




Ce n’est pas d’hier que des cinéastes se tournent vers les bandes dessinées et les Comic Books comme source d’inspiration. Des années avant WATCHMEN, SPIDERMAN, HULK, IRON MAN et autres super-héros, le légendaire cinéaste italien Mario Bava adaptait à l’écran les aventures du criminel et anti-héros masqué DIABOLIK, personnage de bandes dessinées italiennes (les fumetti) créé par les sœurs Angela et Luciana Giussani et encore très populaire aujourd’hui en Italie.

Synopsis : Grand luxe, argent volé, jaguars et repaire souterrain ultra-chic, Diabolik (John Philip Law) et sa superbe partenaire Eva (Marisa Mell, dans un rôle prévu pour Catherine Deneuve) ne se privent de rien. Pour son anniversaire, elle lui demande de voler un collier célèbre fait de onze émeraudes et ce, au vu et au su de l’inspecteur Ginko (Michel Piccoli), qui est aux trousses de Diabolik depuis des années. Un défi que saura relever Diabolik, non sans de lourdes conséquences ...

Points forts : Mario Bava s’est surtout fait connaître dans le cinéma d’horreur (les fameux giallo italiens) et plusieurs de ses films ont atteint le statut de films cultes (en tête de liste se trouvent des classiques de l’horreur comme BLACK SUNDAY/THE MASK OF THE DEMON (1960) et LES TROIS VISAGES DE LA PEUR/BLACK SABBATH (1963)). DIABOLIK était donc pour lui un changement de ton inhabituel, mais on y retrouve toutefois les éléments typiques du style visuel de Bava : l’utilisation fort habile de caches (Matte paintings) donnant l’illusion de décors gigantesques (voir les scènes hallucinantes du repaire sous-terrain de Diabolik, ci-dessous), les éclairages faits de couleurs primaires (dominantes de vert et de rouge), les cadrages extrêmes rappelant ceux des bandes dessinées, etc. Le film bénéficie aussi d’une excellente trame sonore d’Ennio Morricone qui, pour une rare fois dans sa carrière, délaisse le style Western pour des airs à gogo typiques de l’époque mais qui, bizarrement, n’ont pas trop mal vieilli et s’écoutent encore très bien aujourd’hui (voir extraits ci-dessous). La trame sonore du film se retrouvait en 3ième position de la liste des ‘ Top Movie Soundtracks of all time ’ dressée par le magazine GQ dans son numéro de mars 2002. Le look du film a inspiré un vidéo clip des Beastie Boys (Body Moving) et le film CQ de Roman Coppola (2001). BONUS : Le DVD du film offre un commentaire amusant et tres interessant du sympathique John Philip Law.
Deep, deep down ... "


Bande annonce de DIABOLIK :




Premières minutes de DIABOLIK (et chanson thème DEEP, DEEP DOWN chantée par Christy (Maria Christina Brancucci) :



Guitare électrique frénétique jouée par Alessandro Alessandroni :