Wednesday, April 15, 2009

CHARLEY VARRICK (1972)




CHARLEY VARRICK (1973 – Réalisé par Don Siegel)

Synopsis : Charley Varrick (Walter Matthau) et sa bande volent une petite banque du Nevada (en portant des masques de clowns ! Ça ne vous rappelle pas le début de DARK KNIGHT ça, juste un peu ?). Mais la somme d’argent volée est tellement importante qu’ils doivent se rendre à l’évidence : ils se sont emparés sans le savoir de l’argent de la MAFIA, qui met vite à leurs trousses un tueur à gages psychopathe (et ça, ça ne vous rappelle pas NO COUNTRY FOR OLD MEN rien qu’un peu ?) :-)

Bien sûr que oui, et comme le CHARLEY VARRICK de Don Siegel est un film-culte bourré d’idées originales, il n’est pas pas étonnant de constater à quel point il a influencé de nombreux réalisateurs contemporains. (Quoique l’idée de faire porter des masques de clowns à des voleurs n’était pas nouvelle même en 1973 ! Kubrick lui-même y avait pensé des années plus tôt dans son excellent film noir THE KILLING (1956)). Et puis CHARLEY VARRICK fait partie de la liste des films préférés de Tarantino, c’est tout dire !

Points forts : Parlant de Tarantino, on peut facilement constater que la scène de torture entre le tueur à gages (Joe Don Baker) et le complice de Varrick (Andy Robinson) semble l’avoir grandement marqué … Cette scène se déroule dans la roulotte du Trailer Park où se cachent Varrick et son complice. Telle que mise en scène par Siegel, cette séquence est non seulement d’une grande violence physique, mais aussi psychologique, et c’est surtout la MENACE de plus grandes violences à venir (Baker : «Si tu ne me dis pas ce que j’ai besoin de savoir, je vais devoir te faire très mal !») qui rend le tout presqu’insupportable, de même que le RYTHME de la scène qui commence bien tranquillement (Joe Don Baker se fait passer pour un client sympathique afin d’entrer dans la roulotte de Varrick), puis nous surprend par un moment de violence soudaine (Baker bat Robinson) pour revenir à une pause temporaire (Baker s’assoit tranquillement pendant que Robinson agonise de douleur). Leçon bien apprise par Tarantino : On n’a qu’à penser à la scène de torture de RESERVOIR DOGS : Elle débute elle aussi tranquillement (M. Blonde danse devant le policier attaché), puis violence soudaine (coups de rasoir au visage) et longue pause insoutenable (long plan à l’épaule durant lequel on accompagne Blonde qui va chercher un bidon d’essence … YIKES !!). En fait, la scène de torture de CHARLEY VARRICK a tellement marqué Tarantino que même le film TRUE ROMANCE (qu’il a écrit mais pas réalisé) comporte une scène de torture se déroulant dans une roulotte (i.e. la scène entre Dennis Hopper et Christopher Walken), sans parler du combat entre Uma Thurman et Darryl Hannah dans KILL BILL, qui se deroule aussi dans une roulotte … Bon, bref, vous voyez ce que je veux dire … (Je ne cherche pas à dénoncer le manque d’originalité de Tarantino, ici, puisqu’il est lui-même le premier à avouer qu’il «emprunte» des idées à d’autres cinéastes, en général pour leur rendre hommage …) … Influencé par des films comme CHARLEY VARRICK ou DELIVERANCE, Tarantino aime bien s’attarder longuement sur des moments où un personnage sait qu’il va subir de la violence, mais ne sait pas exactement QUAND où COMMENT (comme dans PULP FICTION, alors que Zed et son complice n’en finissent plus de déterminer lequel, entre Bruce Willis et Ving Rhames, se fera torturer en premier, ou comme dans DEATHPROOF, lorsque Pam (Rose MacGowan) se rend compte trop tard que stuntman Mike (Kurt Russell) est un psychopathe et qu'il va la tuer ) … Parions que son prochain film (INGLORIOUS BASTERDS) comportera aussi une scène où des personnages discutent longuement de la façon dont ils vont torturer ou tuer un autre personnage, tandis que celui-ci attend, terrifié ! :-) MISE A JOUR - AOUT 2009 : J'avais vu juste ! On a qu'a penser a la scene de la premiere apparition du JEW BEAR (Eli Roth), longtemps annoncee a l'avance pour augmenter l'effet de terreur ...

Extrait : Bande-annonce du film, qui en resume tres bien l'intrigue.



Et voici la FAMEUSE scene de torture dont je parlais plus haut (qui a de toute évidence inspirée la scène de torture entre James Gandolfini et Patricia Arquette dans le film TRUE ROMANCE écrit par Tarantino):

Tuesday, March 3, 2009

Le culte de Samuel Fuller



« Le cinéma, c’est comme un champ de bataille : l’amour, la haine, la violence, l’action, la mort … En un mot : l’émotion »
Samuel Fuller

Avant la Nouvelle vague, avant Scorsese, Spielberg et Tarantino, un homme a su exploiter la machine Hollywoodienne des années d’après guerre afin d’y imposer son style outrancier et sa vision d’un monde où le chaos peut survenir à tout moment. Cet homme, c’est Samuel Fuller.

Samuel Fuller (1912 – 1997)

On aurait dit que toute sa vie l’avait préparé à jouer ce rôle : journaliste de tabloid New Yorkais spécialisé dans les crimes crapuleux dès l’âge de 17 ans, puis fantassin au sein de la 1ère division d’infanterie américaine au cours de la Seconde Guerre mondiale (il a participé au débarquement de Normandie et a combattu en Italie et en Afrique), Fuller a miraculeusement survécu à tout ce carnage pour pouvoir ensuite nous le raconter à sa façon dans des films qui ne peuvent laisser personne indifférent tellement il sait instinctivement comment capter et maintenir l’attention du spectateur ( Jugez-en vous même en regardant la stupéfiante séquence d'ouverture de son film The Naked Kiss, où une prostituée bat son pimp qui lui doit de l’argent (voir extrait ci-dessous) :



Compte tenu de son experience au front, on ne sera pas surpris de constater que les films de guerre de Fuller sont parmi les plus réalistes jamais tournés (Steel Helmets (1951), Fixed Bayonets (1951), Merrill’s Marauders (1962) mais surtout The Big Red One (1980) relatant son expérience personnelle de fantassin au sein de la 1ère Division d’infanterie et mettant en vedette Lee Marvin qui, comme Fuller, avait aussi combattu durant la 2ème guerre mondiale).

J’ai l’impression que les valeureux états de service de Fuller lui ont ouvert pas mal de portes à Hollywood et que cela lui a même permis d’aborder des thèmes que personne d’autre n’aurait osé toucher à cette époque. En 1963, par exemple, il osait aborder de plein fouet le thème du racisme dans son film culte SHOCK CORRIDOR, véritable descente aux enfers au sein d’un asile d’aliénés où circule un homme noir qui, dans son délire, se croit membre du Klu Klux Klan (voir ci-dessous).



Fuller avait d’ailleurs déjà abordé le thème du racisme en 1951 dans le film Fixed Bayonets, durant une scène clé où un prisonnier coréen discutait avec un soldat noir de l’armée américaine :

Coréen : - Je ne te comprends pas ! Tu peux seulement manger avec les soldats blancs si tu combats avec eux en temps de guerre, mais de retour chez-toi, tu ne peux pas.
Soldat noir : - Oui, en effet.
Coréen : - Et tu paies ton billet d’autobus, mais ils te font t’asseoir à l’arrière.
Soldat noir : - C’est vrai. Il y a 100 ans, je n’avais même pas le droit de prendre le bus. Maintenant, ils me laissent m’asseoir à l’arrière. Un jour, je pourrai peut-être m’asseoir à l’avant. Il y a des choses qui prennent du temps à changer …

Outre son audace au niveau des thèmes (racisme, prostitution et pédophilie dans The Naked Kiss (en 1963 !!), les relations inter-raciales dans Crimson Kimono (1959) et House of Bamboo (1955)), Fuller se démarque aussi par son audace comme réalisateur, faisant surgir la violence dans les moments où l’on s’y attend le moins, histoire de bien secouer le spectateur, comme dans cet étonnant plan-séquence «romantique» entre Barbara Stanwick et Barry Sullivan tiré du film Forty Guns (1957) (voir extrait ci-dessous).



Tarantino et Scorsese, fervents admirateurs de Fuller, ont souvent eu recours dans leurs films à ce même type d’intrusion soudaine de la violence, parfois d’une façon tellement incongrue qu’elle en devient presque comique (ex : Travolta qui tue accidentellement le jeune noir dans la voiture dans Pulp Fiction). Michael Cimino l’avait aussi fait dans Year of the Dragon, alors qu’une discussion de ménage entre Mickey Rourke et sa femme était soudainement interrompue par l’arrivée de membres de gang qui s’empressaient d’égorger celle-ci.

Bref, l’influence de Fuller se fait encore sentir aujourd’hui et ce n’est pas pour rien que de nombreux cinéastes lui ont rendu hommage au fil des années, entre autres en lui demandant de faire des apparitions caméo dans leurs propres films. Fuller a ainsi joué dans Pierrot le fou de Jean-Luc Godard, L’état des choses et l’ami américain de Wim Wenders et 1941 de Steven Spielberg. Il a aussi fait l’objet d’un excellent documentaire intitulé The typewriter, the Rifle and the Movie Camera (1996) dans lequel des cinéastes tels que Jim Jarmusch, Quentin Tarantino et Martin Scorsese lui rendent un vibrant hommage, le tout parsemé d’entrevues avec ce coloré personnage et fascinant conteur qu’était Fuller.



Ses films Shock Corridor, The Naked Kiss , Pickup on South Street et The Big Red One ont atteint aujourd’hui le statut de films cultes.

Tuesday, February 24, 2009

The Wilhelm Scream

MISE A JOUR

NOUVELLE ALERTE !! Dans le film INGLORIOUS BASTERDS de Tarantino : dans le dernier chapitre, durant la projection du film noir et blanc NATION'S PRIDE, pas longtemps après un gros plan montrant un soldat atteint à l'oeil droit (qui saigne abondamment), on voit un autre soldat qui tombe de haut en direction de la caméra en poussant un Wilhelm Scream (qui a été légèrement modifié mais pas assez pour ne pas le reconnaître !)


ALERTE AU WILHELM SCREAM !!! AOUT 2009 !!!

DANS LE FILM "KNOWING" avec Nicolas Cage !! vers 1h02min 02 sec, dans la sequence catastrophe du metro, on entend le Wilhelm Scream !!


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Il y a des films cultes, il y a des séries cultes, il y a des acteurs/actrices cultes … et il y a même des effets sonores cultes. C’est le cas du célèbre Wilhelm Scream.

Le cri de Wilhelm

Le Wilhelm Scream, dont l’auteur demeure a ce jour inconnu, est un cri particulièrement efficace enregistré en studio au début des années 50 et utilisé pour la première fois dans le film Distant drums (1951). Il était sensé représenter le cri d’un homme se faisant bouffer par un alligator. Le cri était tellement évocateur qu’il fut réutilisé deux ans plus tard dans le film The Charge at Feather River (1953) lorsqu’un personnage secondaire appelé Wilhelm est atteint d’une flèche à la jambe.

Le reste, comme on dit, fait partie de l’histoire … Ce cri si particulier a depuis été utilisé à toutes les sauces, dont TROIS fois dans la finale du film de science-fiction THEM ! (1954) (voir compilation ci-dessous). Dans les années 80s, le monteur de son Ben Burtt, un des nombreux artisans Hollywoodiens vouant un culte au «Wilhelm Scream», le fit connaître à toute une nouvelle génération de spectateurs en l’intégrant à la trame sonore du film Star Wars Episode IV : A New Hope (voir ci-dessous).

Plus récemment, le Wilhelm Scream a été entendu dans le dernier épisode de la trilogie de LORD OF THE RINGS. Depuis, des millions de spectateurs partout dans le monde restent aux aguets et tendent l’oreille, attendant sa prochaine manifestation ! On l'entend dans le film DEATHPROOF de Tarantino, durant la scène où Stuntman Mike (Kurt Russell) entre en collision avec la voiture des quatre filles qu’il a rencontrées au bar … On l’entendrait aussi lorsque la mascotte prend en feu dans le film BLADES OF GLORY … D’autres l’auraient entendu durant la scène de l’attaque de Darwin dans AUSTRALIA … Et vous ? Vous l’avez entendu récemment ?? aaaAAAAAAHHHaaaa !!


Compilation du Wilhelm Scream :





Historique du Wilhelm Scream :



Liste des films comprenant le Wilhelm Scream ici

Thursday, January 29, 2009

POSSESSION (1981)



Ca vous dirait de louer un film culte sur un couple qui n’en finit plus de se déchirer ? C’est ce que vous offre le film POSSESSION, réalisé en 1981 par Andrzej Zulawski afin d’exorciser quelques démons, lui qui à cette époque venait de vivre un divorce plutôt pénible.

Synopsis : Anna (Isabelle Adjani) quitte son mari Marc (Sam Neill) en lui laissant la garde de leur fils. Anéanti, Marc sombre dans une profonde dépression, puis fait enquête et découvre qu’Anna avait un amant (Heinz Bennent). Mais comme Anna montre des signes d’un déséquilibre grave, Marc poursuit son enquête et découvre que la vérité est beaucoup plus complexe (et horrible) qu’il ne l’avait imaginée …

Points forts : Le film s’illustre entre autres par le remarquable travail du directeur photo Bruno Nuytten qui illustre la folie des personnages par d’impressionnantes acrobaties de caméra. Il a aussi fait un travail magnifique sur la lumière du film qui est faite de différentes teintes de bleu. En fait le bleu est omniprésent dans le film (Yeux et vêtements des acteurs, tapis bleus, rideaux bleus, murs bleus, etc.), au point qu’on est en droit de se demander s’il n’y a pas là une quelconque symbolique ? (Je devrai ré-écouter l’excellent commentaire de Zulawski qui accompagne la version DVD de Anchor Bay pour vérifier !) Le jeu des acteurs est aussi à souligner, Adjani ayant reçu la Palme d’or d’interprétation féminine pour ce rôle double (puisqu’elle joue aussi le rôle d’une institutrice qui devient l’amie et l’amante de Marc), quoiqu’Heinz Bennent ne donne pas sa place non plus en amant arrogant et cocainomane complètement déjanté.



Citation : «Si je suis avec toi, c’est parce que tu dis «JE» pour moi !»





Quelques extraits en francais (s'cusez pour la qualite de l'image):




Friday, January 23, 2009

SERIES CULTES - AU-DELA DU REEL



Il y a des films cultes, il y a aussi des séries cultes (On pense tout de suite à des séries comme LES ROIS MAUDITS, DR WHO, LE PRISONNIER, THE X-FILES, SIX FEET UNDER, etc.).

Au Québec, toute une génération de jeunes téléspectateurs aujourd'hui âgés de plus de 40 ans ont été traumatisés par la présentation, dans les années 60 et 70, de la version française de la série d'anthologie de science-fiction THE OUTER LIMITS (en français AU-DELÀ DU RÉEL). Le passage des années et la révolution DVD permettent aujourd'hui à de nouvelles générations de découvrir cette série exceptionnelle maintenant offerte un peu partout en trois coffrets au prix très abordable.

Format : La série comporte 49 épisodes, rassemblés en trois coffrets distincts, soit 2 coffrets contenant chacun 16 episodes de la première saison (la meilleure, à voir absolument) et le coffret de la seconde saison (horrible, à éviter, à l'exception des épisodes DEMON WITH A GLASS HAND et SOLDIER écrits par Harlan Ellison et ayant inspiré le film THE TERMINATOR !).

Points forts : Ce qui rend la première saison si supérieure à la seconde, c'est la réunion exceptionnelle d'artisans talentueux qui, le temps de 32 épisodes, collaborèrent afin de créer 32 récits distincts partageant toutefois le même style visuel baroque et cauchemardesque. On compte parmi ces artisans le producteur/scénariste Joseph Stefano (qui avait écrit le scénario du PSYCHO de Hitchcock et qui scénarisa les meilleurs épisodes de la série), le compositeur Dominic Frontiere et le directeur photo Conrad Hall, qui en était alors à ses débuts mais qui allait par la suite connaître une brillante carrière moult fois récompensée (Il remporta un oscar pour ROAD TO PERDITION, AMERICAN BEAUTY et BUTCH CASSIDY AND THE SUNDANCE KID). Dans AU-DELA DU RÉEL, Hall exploite avec virtuosité toutes les possibilités du médium noir et blanc dans des compositions expressionnistes des plus évocatrices (voir l'extrait ci-dessous) mises au service de récits fantastiques abordant des thèmes comme l'évolution de l'homme (dans le classique épisode THE SIXTH FINGER que l'on peut voir au complet sur YOUTUBE), la menace nucléaire (dans IT CRAWLED OUT OF THE WOODWORK) et le suicide collectif (dans A FEASIBILITY STUDY), pour ne nommer que ceux-là.

Série culte (pour moi) pour des raisons nostalgiques, bien sûr ! Mais aussi parce que c'est certainement l'une des seules séries de l'époque qui se regarde encore très bien aujourd'hui (même si, bien sûr, certains effets spéciaux ont plutôt mal vieilli). Il est même parfois étonnant de constater à quel point cette série d'anticipation pouvait être perspicace pour l'époque. Par exemple, dans l'épisode O.B.I.T («L'espion robot» en français) tourné en 1963, on nous met en garde contre l'omniprésence des machines dans notre société («Les machines sont un peu partout !») et ce, 40 ans avant l'arrivée des ordinateurs personnels, des téléphones cellulaires et des blackberry ! Ce même épisode raconte comment un ensemble de machines permettant de surveiller qui que ce soit à son insu (à la FACEBOOK !) a vite fait de semer un climat d'angoisse et de paranoia au sein de toute communauté qui en accepte la présence. Dans la superbe scène finale (extrait ci-dessous), véritable orgie de plongées, de contre-plongées et d'éclairages originaux typiques de la série, un extra-terrestre nous révèle que notre «impulsion à vouloir tout connaître des pensées et des désirs de ceux qui nous entourent, de nos familles ou de nos voisins, de tout le monde sauf de nous même» nous rend particulièrement vulnérables à une menace provenant de l'extérieur. Paroles d'une grande pertinence en cette époque post 11 septembre où l'Internet et la télé-réalité semblent constamment occuper nos esprits ...


Séquence finale de O.B.I.T en français (s'cusez pour la qualité sonore):



Citation : «Les machines sont un peu partout ! Vous les trouverez toutes, vous êtes un peuple zélé et vous clamerez à grands cris que vous en avez détruit le plus grand nombre, mais pour une machine que vous détruirez des centaines d'autres seront fabriquées ! Et elles vous démoraliseront ! Elles briseront vos esprits et créeront de la tension dans votre société et des troubles impossibles à réparer ! Vous êtes une planète sauvage, sans histoire ! Et quand nous viendrons y vivre, votre épave démoralisée, abandonnée par vous tombera entre nos mains sans le moindre combat ! ... Vous êtes tous victimes des mêmes impulsions, vous insistez pour tout connaître des pensées et des désirs de ceux qui vous entourent, de vos familles ou de vos voisins, de tout le monde sauf de vous-mêmes ...»

Même séquence, en version originale anglaise (OOPS ! Mise à jour 2011 : La séquence a été retirée par MGM ! ;(

Friday, January 16, 2009

THE HIRED HAND (1971)



Un Western existentialiste, ça vous dirait ?

Après le succès inattendu du film de la contre-culture EASY RIDER (1969), Universal donna carte blanche (et Final Cut) à Peter Fonda pour son prochain film. Il en surprit plus d’un en choisissant de tourner THE HIRED HAND (1971), un Western au rythme très Zen et magnifiquement filmé par le caméraman Vilmos Zsigmond. Le film n’est pas unique en son genre, toutefois, car plusieurs westerns minimalistes aux thèmes existentialistes avaient déjà été tournés à cette époque, notamment par le légendaire Monte Hellman qui réalisa le très laconique RIDE THE WHIRLWIND en 1965 (écrit et interprété par Jack Nicholson, et figurant parmi les films favoris de Tarantino), de même que l’énigmatique THE SHOOTING (1967). Tous ces westerns sont devenus depuis des films cultes.

Synopsis : Après un long séjour loin de sa femme Hannah (Verna Bloom) et de sa ferme, Harry Collins (Peter Fonda) revient chez-lui accompagné de son ami Arch (Warren Oates), mais pas pour longtemps … Il doit régler une vieille histoire.

Points forts : Le rythme du film est lent et statique, rappelant un peu les films de Terrence Malick (BADLANDS, THIN RED LINE) ou le récent THE ASSASINATION OF JESSE JAMES BY THE COWARD ROBERT FORD (à déconseiller donc aux amateurs de sensations fortes). On pourrait presque parler ici d’un Western naturaliste, filmé comme une suite de tableaux reliés entre eux par de nombreux fondus enchaînés. Fonda a de plus souvent recours à des effets de ralentis un peu démodés qui, à la longue, pourraient facilement venir à bout du spectateur le plus patient. Reste l’intrigue, un peu mince, et la présence du toujours captivant Warren Oates, acteur culte par excellence …
Le film est accompagné d’une excellente trame sonore composée par Bruce Langhorne. Jugez-en vous même, en écoutant l'extrait ci-dessous, qui comprend le thème du début et de la fin du film (le deuxième thème débutant à 3:40 ) :






Citation:
Hannah: - Why did he come back ?
Arch: - He just got tired of drifting around
Hannah : - He'll leave again ... It's only a matter of time ...
Arch : - Most things are, M'am


Bande-annonce du western existentialiste THE SHOOTING (1967) de Monte Hellman, dont l'ambiance (et la finale) ne sont pas sans rappeler le film GERRY (2003) de Gus Van Sant.

Monday, January 12, 2009

LA COLLINE DES HOMMES PERDUS (1965)




L’intérêt dans un site FRANCOPHONE consacré au cinéma, c’est de pouvoir par exemple louanger la version FRANÇAISE d’un film ! Ce qui est le cas pour un de mes films cultes récemment sorti en DVD appelé THE HILL (en français LA COLLINE DES HOMMES PERDUS). Réalisé par Sydney Lumet et mettant en vedette une brochette d’excellents acteurs britanniques (Sean connery, Harry Andrews, Ian Hendry), voilà un film qu’il vaut mieux regarder dans sa version française tellement la qualité sonore de la version originale anglaise est mauvaise ! (Sans parler des accents britanniques et irlandais qui sont déjà passablement difficiles à comprendre, surtout dans un film aussi théâtral où les dialogues sont d’une importance cruciale).

Synopsis : Durant la Deuxième Guerre mondiale, cinq prisonniers de guerre sont envoyés dans un camp disciplinaire dans le nord de l’Afrique et font face à un sous officier sadique qui s’acharne sur eux (Ian Hendry).

Points forts : Tout comme dans son film précédent (Twelve Angry Men – Douze hommes en colère), Lumet expose tranquillement les points faibles de ses protagonistes et monte la tension jusqu'au dénouement final, qui est sans doute l’une des scènes les plus pessimistes et déprimantes de l’histoire du cinéma …

Film culte (pour moi) parce que j'aime le long plan séquence d’ouverture (La caméra part d’un plan d’un soldat au sommet de la colline, le suit lorsqu’il s’écroule sur le dos, puis recule, donne un aperçu du camp, passe MIRACULEUSEMENT au-dessus du mur entourant le camp et continue de reculer … ), j’aime la façon dont le sadique Sergent-Chef Williams est filmé (sa casquette lui cachant constamment les yeux, il ne devient plus littéralement qu’une grande gueule jappant des ordres), et, bien que ce soit dans ce cas-ci la pire chose à faire pour les protagonistes, j’aime voir une ordure recevoir le traitement qu’il mérite à la toute fin du film !! :-) En fait, à chaque visionnement, je suis étonné de constater à quel point ce film, qui ne comporte aucune trame musicale, qui n'est pas toujours bien filmé, qui est même plutôt bavard, réussit, dans sa dernière demi-heure, à atteindre un degré de tension dramatique quasi insoutenable par la seule force de ses dialogues, du jeu des acteurs et de la mise en scène de Lumet. Une belle leçon de cinéma. Voyez vous-même en visionnant les NOMBREUX extraits sur YOUTUBE (le film s'y trouve AU COMPLET en plusieurs tranches dans sa version anglaise) , dont la stupéfiante scène finale ci-dessous *SPOILERS* Vaut toutefois mieux voir le film au complet, bien sûr, afin d'en apprécier le plein impact ...

Magnifique plan séquence d'ouverture ...




Le Sgt-chef Williams se retrouve seul ... L'heure de la vengeance a sonné (à 7:00) ...



Même scène, version française post-synchronisée par des voix cultes du doublage, dont celle des comédiens Jean-Claude Michel (voix de Sean Connery), Jacques Thébault (doublant ici Ian Hendry dans le role du Sgt-Chef Williams) et Marc Cassot (doublant Ian Bannen dans le rôle du Sgt-chef Harris) :



Citation: Sergent-Chef Williams : «Vous vous êtes bien amusés tout à l’heure avec l’adjudant ! Dorénavant, c’est moi qui serai chargé de vous distraire. Je veux que vous sachiez ceci : Je n’ai jamais vu d’aussi sales gueules que les vôtres !»