Tuesday, June 30, 2009

THE HONEYMOON KILLERS (1969)



" C’est ce qui est fantastique quand on est un cinéaste amateur : on peut travailler de l’intérieur. Rien ni personne n’est là pour vous dire comment faire un film. On n’a pas de modèle à suivre, on ne fait pas partie de la machine. J’ai fait ce film comme je le voulais … Comme je le voyais ..." Leonard Kastle

THE HONEYMOON KILLERS (1969)

Synopsis : Filmé en noir et blanc dans un style pseudo-documentaire, le film relate l’histoire bien réelle d’un couple que la presse de 1949 avait baptisé les Honeymoon Killers (de leurs vrais noms Martha Beck et Ray Fernandez). Ceux-ci se faisaient passer pour frère et sœur et arnaquaient des femmes seules que Ray rencontrait par le biais des petites annonces dans les journaux, pour ensuite les assassiner.

DVD : Le film a récemment fait l’objet d’une superbe ré-édition grâce à ces découvreurs de chefs-d’œuvre oubliés que sont les cinéphiles de la compagnie Criterion. Le menu du DVD est présenté de façon fort originale, les options apparaissant au sein de reproductions de petites annonces de l’époque. On y retrouve entre autres une courte mais fascinante entrevue avec le réalisateur du film, Leonard Kastle, dont HONEYMOON KILLERS fut le seul et unique film. L’entrevue permet de comprendre un peu pourquoi cet homme talentueux et passionné, qui a réalisé un film louangé par la critique (même François Truffaut en parlait comme un de ses films américains favoris), n’en a pourtant jamais fait d’autres ...

Historique : L’entrevue avec Leonard Kastle constitue un véritable cours de Guerilla filmmaking qui donnerait à tout cinéaste amateur l’envie de prendre une caméra et de tourner son propre film. Kastle est en fait un chef d’orchestre et compositeur d’opéra qui, en 1969, n’avait JAMAIS tourné un film de sa vie ! Un ami à lui (le producteur de TV Warren Steibel) lui demanda de faire de la recherche sur la fameuse histoire des Honeymoon Killers dans l’espoir d'en faire un film qui serait plus réaliste que le récent BONNIE AND CLYDE (film qui, selon lui, glorifiait les criminels de façon beaucoup trop Hollywoodienne). Ne bénéficiant que d’un budget de $150 000 (" des pinottes !" comme le dit Kastle) et ne pouvant donc se payer un vrai scénariste, Steibel demanda à Kastle d’écrire lui-même le scénario du film. " Je n’avais JAMAIS écrit de scénario de ma vie " raconte Kastle en riant. Steibel lui procure alors les scénarios de films bien connus de Fellini et de Truffaut et lui dit : " Tiens ! T’as qu’à faire comme eux !". Kastle s’exécute. Ne reste plus qu’à trouver un réalisateur, qui sera nul autre que le jeune Martin Scorsese ! Celui-ci accepte. Mais dès le début du tournage, la tension monte. Kastle raconte que Scorsese " voulait tout tourner en plans séquences et prenait beaucoup trop de temps (et d’argent !) pour fignoler ses plans ". Résultat : Scorsese est renvoyé et Kastle, qui, je le répète, n’avait jamais tourné un film de sa vie, devient réalisateur ! Kastle en parle aujourd’hui de façon assez philosophe : "Bah ! Mon scénario était très détaillé visuellement, et je savais exactement ce que je voulais ... Et puis, qu’est-ce qu’on s’en fout de la beauté des images ou de la technique, ce qui compte c’est l’histoire et la qualité de l’interprétation !"

Bien sages paroles ...

Points forts : Le miracle du film HONEYMOON KILLERS tient justement du fait que la facture un peu mal foutue de la réalisation (qualité sonore pas toujours optimale, utilisation pas toujours heureuse de la lumière ambiante, mauvais raccords, etc.) AJOUTE au réalisme de l'ensemble et donne vraiment l'impression d'assister à un documentaire au sujet d'événements horribles mais bien réels. Ce climat intimiste (" donnant l'impression de regarder par le trou d'une serrure" comme disait le scénariste Abby Mann, grand admirateur du film), combiné à la qualité de l'interprétation (superbes performances de Shirley Stoler et Tony LoBianco), donne des scènes d'un réalisme à la limite du supportable. Kastle n'utilise comme accompagnement musical que des extraits de la 6ième symphonie de Mahler.



Autre extrait ici

Film culte (pour moi) ... Parce que HONEYMOON KILLERS est l'exemple parfait de ce que peut accomplir un réalisateur novice mais talentueux qui parvient à transcender un budget famélique pour laisser sa marque en réalisant l'un des grands classiques du cinéma indépendant. On pourrait en dire autant de films comme NIGHT OF THE LIVING DEAD de George Romero, THX-1138 de George Lucas, MULTIPLE MANIACS de John Waters ou RESERVOIR DOGS de Tarantino, à la différence près que ces films ont permis de lancer la carrière prolifique de leurs réalisateurs, ce qui ne fut pas le cas de Leonard Kastle. Il aura été l'homme d'un seul film ... Mais quel film !

Tuesday, June 2, 2009

INTERLUDE

Petit INTERLUDE en attendant le prochain article sur le film culte RESERVOIR DOGS.





L'extrait qui suit devrait rappeler des souvenirs à tous les cinéphiles qui, dans les années 80s, restaient debout à l'antenne de Radio-Canada afin d'y voir un autre excellent film (débutant souvent entre minuit et une heure du matin !)



Petit Quiz : Combien de films avez-vous pu identifier ??

(à 0:17, rangée du haut = NOSFERATU LE VAMPIRE, juste à côté = Elizabeth Taylor dans CLEOPATRA (je crois ...), et juste en dessous de Nosferatu = Orson Welles dans MR ARKADIN)

Et vous ??

Friday, May 22, 2009

THE INCIDENT (1967)



Aussi longtemps que nos entendrons parler d'attaques faites dans le métro devant des témoins qui choisissent de ne rien faire (ici), ou que nous verrons des scènes comme celle-ci (fumeur de crack filmé dans le métro de Montréal devant des témoins qui ne font rien), gracieuseté du site la Clique du Plateau, le film culte THE INCIDENT (1967) de Larry Peerce ne perdra rien de sa pertinence.

THE INCIDENT (1967)

Synopsis : Vers deux heures du matin dans le métro de New York, deux voyous (Tony Musante et Martin Sheen) terrorisent les passagers du wagon où ils se trouvent.

Points forts : Voilà le genre de film que le realisateur Samuel Fuller aurait aimé, lui qui conseillait aux jeunes réalisateurs de « take your audience by the balls and don't let go ! » (Prenez les spectateurs par les couilles et ne les lâchez pas jusqu'à la fin !). C'est exactement ce que fait ce film. Une fois la première demi-heure écoulée (durant laquelle on nous présente rapidement les divers personnages en route vers le métro (couple de noirs, deux soldats en permission, couple de jeunes amoureux, couple de vieux, couple dans la quarantaine avec enfant qui dort, couple en crise, quinquagénaire alcoolique et homo introverti), le film nous en met plein la gueule avec l'arrivée dans le wagon de Jos Ferrone (performance EXCEPTIONNELLE et terrifiante de Tony Musante) et de son complice Artie (Martin Sheen dans son premier rôle au cinéma) qui prennent un plaisir sadique à tourmenter à tour de rôle les passagers impuissants qu'ils retiennent prisonniers. Ferrone a une capacité peu commune de trouver rapidement le point faible de ses victimes et de les confronter d'une façon humiliante et complètement dévastatrice. La scène où il s'acharne sur un couple de noirs (ci-dessous) est particulièrement difficile à encaisser de nos jours, même si elle reflète probablement la réalité des années 60s (comme le démontre la scène finale où les policiers qui entrent dans le métro se jettent immédiatement non pas sur les voyous, mais sur LE SEUL PASSAGER NOIR !)

Un peu comme le classique 12 Hommes en colère de Sydney Lumet, le film relève adroitement le défi de faire monter la tension sans l'aide de musique et en respectant l'unité de temps et de lieu. On y parvient grâce au jeu des acteurs (tous excellents), au recours à de nombreuses confrontations filmées en gros plans et au fait que le spectateur témoin de toute cette violence n'a d'autres choix que de s'identifier avec les personnages et de se demander : « Non mais est-ce qu'il y en a un qui va bientôt RÉAGIR dans le groupe ?? » La preuve : si vous consultez la fiche du film sur le site IMDB, vous constaterez que des commentateurs anonymes ont lancé le débat à savoir si, depuis le 11 sept, des gens se laisseraient si facilement rudoyer sans réagir ? Certains arrogants affirment que non, d'autres plus expérimentés relatent des moments de leur vie où ils ont été témoins du même genre d'incident sans que personne ne lève le doigt pour porter secours à la personne attaquée (ex : la femme sauvagement battue dans le métro de Montréal récemment). Le film nous confronte donc à cette inévitable et irritante question : « Et moi, qu'est-ce que j'aurais fait ? »


Le film n'est apparemment pas disponible en DVD (en cette époque post-Obama de rectitude politique extrême, aurait-on peur de le rendre accessible (puisqu'il contient une scène de racisme qu'on aimerait croire révolu ?). Toutefois, un bon samaritain qui en possédait probablement une copie personnelle (de mauvaise qualité, malheureusement) vient de l'afficher AU COMPLET sur YOUTUBE en segments de 10 minutes (dans sa version originale anglaise). Amusez-vous bien ...


Extrait de THE INCIDENT (Version originale anglaise) :




Meme extrait en francais (ATTENTION : Contenu non politiquement correct !) :




Fumeur de crack dans le métro de Montréal devant des passagers impassibles (sauf le caméraman, dont on salue le courage et l'intelligence ! Bravo !)

Wednesday, May 13, 2009

DANGER DIABOLIK (1968)




Ce n’est pas d’hier que des cinéastes se tournent vers les bandes dessinées et les Comic Books comme source d’inspiration. Des années avant WATCHMEN, SPIDERMAN, HULK, IRON MAN et autres super-héros, le légendaire cinéaste italien Mario Bava adaptait à l’écran les aventures du criminel et anti-héros masqué DIABOLIK, personnage de bandes dessinées italiennes (les fumetti) créé par les sœurs Angela et Luciana Giussani et encore très populaire aujourd’hui en Italie.

Synopsis : Grand luxe, argent volé, jaguars et repaire souterrain ultra-chic, Diabolik (John Philip Law) et sa superbe partenaire Eva (Marisa Mell, dans un rôle prévu pour Catherine Deneuve) ne se privent de rien. Pour son anniversaire, elle lui demande de voler un collier célèbre fait de onze émeraudes et ce, au vu et au su de l’inspecteur Ginko (Michel Piccoli), qui est aux trousses de Diabolik depuis des années. Un défi que saura relever Diabolik, non sans de lourdes conséquences ...

Points forts : Mario Bava s’est surtout fait connaître dans le cinéma d’horreur (les fameux giallo italiens) et plusieurs de ses films ont atteint le statut de films cultes (en tête de liste se trouvent des classiques de l’horreur comme BLACK SUNDAY/THE MASK OF THE DEMON (1960) et LES TROIS VISAGES DE LA PEUR/BLACK SABBATH (1963)). DIABOLIK était donc pour lui un changement de ton inhabituel, mais on y retrouve toutefois les éléments typiques du style visuel de Bava : l’utilisation fort habile de caches (Matte paintings) donnant l’illusion de décors gigantesques (voir les scènes hallucinantes du repaire sous-terrain de Diabolik, ci-dessous), les éclairages faits de couleurs primaires (dominantes de vert et de rouge), les cadrages extrêmes rappelant ceux des bandes dessinées, etc. Le film bénéficie aussi d’une excellente trame sonore d’Ennio Morricone qui, pour une rare fois dans sa carrière, délaisse le style Western pour des airs à gogo typiques de l’époque mais qui, bizarrement, n’ont pas trop mal vieilli et s’écoutent encore très bien aujourd’hui (voir extraits ci-dessous). La trame sonore du film se retrouvait en 3ième position de la liste des ‘ Top Movie Soundtracks of all time ’ dressée par le magazine GQ dans son numéro de mars 2002. Le look du film a inspiré un vidéo clip des Beastie Boys (Body Moving) et le film CQ de Roman Coppola (2001). BONUS : Le DVD du film offre un commentaire amusant et tres interessant du sympathique John Philip Law.
Deep, deep down ... "


Bande annonce de DIABOLIK :




Premières minutes de DIABOLIK (et chanson thème DEEP, DEEP DOWN chantée par Christy (Maria Christina Brancucci) :



Guitare électrique frénétique jouée par Alessandro Alessandroni :






Wednesday, April 15, 2009

CHARLEY VARRICK (1972)




CHARLEY VARRICK (1973 – Réalisé par Don Siegel)

Synopsis : Charley Varrick (Walter Matthau) et sa bande volent une petite banque du Nevada (en portant des masques de clowns ! Ça ne vous rappelle pas le début de DARK KNIGHT ça, juste un peu ?). Mais la somme d’argent volée est tellement importante qu’ils doivent se rendre à l’évidence : ils se sont emparés sans le savoir de l’argent de la MAFIA, qui met vite à leurs trousses un tueur à gages psychopathe (et ça, ça ne vous rappelle pas NO COUNTRY FOR OLD MEN rien qu’un peu ?) :-)

Bien sûr que oui, et comme le CHARLEY VARRICK de Don Siegel est un film-culte bourré d’idées originales, il n’est pas pas étonnant de constater à quel point il a influencé de nombreux réalisateurs contemporains. (Quoique l’idée de faire porter des masques de clowns à des voleurs n’était pas nouvelle même en 1973 ! Kubrick lui-même y avait pensé des années plus tôt dans son excellent film noir THE KILLING (1956)). Et puis CHARLEY VARRICK fait partie de la liste des films préférés de Tarantino, c’est tout dire !

Points forts : Parlant de Tarantino, on peut facilement constater que la scène de torture entre le tueur à gages (Joe Don Baker) et le complice de Varrick (Andy Robinson) semble l’avoir grandement marqué … Cette scène se déroule dans la roulotte du Trailer Park où se cachent Varrick et son complice. Telle que mise en scène par Siegel, cette séquence est non seulement d’une grande violence physique, mais aussi psychologique, et c’est surtout la MENACE de plus grandes violences à venir (Baker : «Si tu ne me dis pas ce que j’ai besoin de savoir, je vais devoir te faire très mal !») qui rend le tout presqu’insupportable, de même que le RYTHME de la scène qui commence bien tranquillement (Joe Don Baker se fait passer pour un client sympathique afin d’entrer dans la roulotte de Varrick), puis nous surprend par un moment de violence soudaine (Baker bat Robinson) pour revenir à une pause temporaire (Baker s’assoit tranquillement pendant que Robinson agonise de douleur). Leçon bien apprise par Tarantino : On n’a qu’à penser à la scène de torture de RESERVOIR DOGS : Elle débute elle aussi tranquillement (M. Blonde danse devant le policier attaché), puis violence soudaine (coups de rasoir au visage) et longue pause insoutenable (long plan à l’épaule durant lequel on accompagne Blonde qui va chercher un bidon d’essence … YIKES !!). En fait, la scène de torture de CHARLEY VARRICK a tellement marqué Tarantino que même le film TRUE ROMANCE (qu’il a écrit mais pas réalisé) comporte une scène de torture se déroulant dans une roulotte (i.e. la scène entre Dennis Hopper et Christopher Walken), sans parler du combat entre Uma Thurman et Darryl Hannah dans KILL BILL, qui se deroule aussi dans une roulotte … Bon, bref, vous voyez ce que je veux dire … (Je ne cherche pas à dénoncer le manque d’originalité de Tarantino, ici, puisqu’il est lui-même le premier à avouer qu’il «emprunte» des idées à d’autres cinéastes, en général pour leur rendre hommage …) … Influencé par des films comme CHARLEY VARRICK ou DELIVERANCE, Tarantino aime bien s’attarder longuement sur des moments où un personnage sait qu’il va subir de la violence, mais ne sait pas exactement QUAND où COMMENT (comme dans PULP FICTION, alors que Zed et son complice n’en finissent plus de déterminer lequel, entre Bruce Willis et Ving Rhames, se fera torturer en premier, ou comme dans DEATHPROOF, lorsque Pam (Rose MacGowan) se rend compte trop tard que stuntman Mike (Kurt Russell) est un psychopathe et qu'il va la tuer ) … Parions que son prochain film (INGLORIOUS BASTERDS) comportera aussi une scène où des personnages discutent longuement de la façon dont ils vont torturer ou tuer un autre personnage, tandis que celui-ci attend, terrifié ! :-) MISE A JOUR - AOUT 2009 : J'avais vu juste ! On a qu'a penser a la scene de la premiere apparition du JEW BEAR (Eli Roth), longtemps annoncee a l'avance pour augmenter l'effet de terreur ...

Extrait : Bande-annonce du film, qui en resume tres bien l'intrigue.



Et voici la FAMEUSE scene de torture dont je parlais plus haut (qui a de toute évidence inspirée la scène de torture entre James Gandolfini et Patricia Arquette dans le film TRUE ROMANCE écrit par Tarantino):

Tuesday, March 3, 2009

Le culte de Samuel Fuller



« Le cinéma, c’est comme un champ de bataille : l’amour, la haine, la violence, l’action, la mort … En un mot : l’émotion »
Samuel Fuller

Avant la Nouvelle vague, avant Scorsese, Spielberg et Tarantino, un homme a su exploiter la machine Hollywoodienne des années d’après guerre afin d’y imposer son style outrancier et sa vision d’un monde où le chaos peut survenir à tout moment. Cet homme, c’est Samuel Fuller.

Samuel Fuller (1912 – 1997)

On aurait dit que toute sa vie l’avait préparé à jouer ce rôle : journaliste de tabloid New Yorkais spécialisé dans les crimes crapuleux dès l’âge de 17 ans, puis fantassin au sein de la 1ère division d’infanterie américaine au cours de la Seconde Guerre mondiale (il a participé au débarquement de Normandie et a combattu en Italie et en Afrique), Fuller a miraculeusement survécu à tout ce carnage pour pouvoir ensuite nous le raconter à sa façon dans des films qui ne peuvent laisser personne indifférent tellement il sait instinctivement comment capter et maintenir l’attention du spectateur ( Jugez-en vous même en regardant la stupéfiante séquence d'ouverture de son film The Naked Kiss, où une prostituée bat son pimp qui lui doit de l’argent (voir extrait ci-dessous) :



Compte tenu de son experience au front, on ne sera pas surpris de constater que les films de guerre de Fuller sont parmi les plus réalistes jamais tournés (Steel Helmets (1951), Fixed Bayonets (1951), Merrill’s Marauders (1962) mais surtout The Big Red One (1980) relatant son expérience personnelle de fantassin au sein de la 1ère Division d’infanterie et mettant en vedette Lee Marvin qui, comme Fuller, avait aussi combattu durant la 2ème guerre mondiale).

J’ai l’impression que les valeureux états de service de Fuller lui ont ouvert pas mal de portes à Hollywood et que cela lui a même permis d’aborder des thèmes que personne d’autre n’aurait osé toucher à cette époque. En 1963, par exemple, il osait aborder de plein fouet le thème du racisme dans son film culte SHOCK CORRIDOR, véritable descente aux enfers au sein d’un asile d’aliénés où circule un homme noir qui, dans son délire, se croit membre du Klu Klux Klan (voir ci-dessous).



Fuller avait d’ailleurs déjà abordé le thème du racisme en 1951 dans le film Fixed Bayonets, durant une scène clé où un prisonnier coréen discutait avec un soldat noir de l’armée américaine :

Coréen : - Je ne te comprends pas ! Tu peux seulement manger avec les soldats blancs si tu combats avec eux en temps de guerre, mais de retour chez-toi, tu ne peux pas.
Soldat noir : - Oui, en effet.
Coréen : - Et tu paies ton billet d’autobus, mais ils te font t’asseoir à l’arrière.
Soldat noir : - C’est vrai. Il y a 100 ans, je n’avais même pas le droit de prendre le bus. Maintenant, ils me laissent m’asseoir à l’arrière. Un jour, je pourrai peut-être m’asseoir à l’avant. Il y a des choses qui prennent du temps à changer …

Outre son audace au niveau des thèmes (racisme, prostitution et pédophilie dans The Naked Kiss (en 1963 !!), les relations inter-raciales dans Crimson Kimono (1959) et House of Bamboo (1955)), Fuller se démarque aussi par son audace comme réalisateur, faisant surgir la violence dans les moments où l’on s’y attend le moins, histoire de bien secouer le spectateur, comme dans cet étonnant plan-séquence «romantique» entre Barbara Stanwick et Barry Sullivan tiré du film Forty Guns (1957) (voir extrait ci-dessous).



Tarantino et Scorsese, fervents admirateurs de Fuller, ont souvent eu recours dans leurs films à ce même type d’intrusion soudaine de la violence, parfois d’une façon tellement incongrue qu’elle en devient presque comique (ex : Travolta qui tue accidentellement le jeune noir dans la voiture dans Pulp Fiction). Michael Cimino l’avait aussi fait dans Year of the Dragon, alors qu’une discussion de ménage entre Mickey Rourke et sa femme était soudainement interrompue par l’arrivée de membres de gang qui s’empressaient d’égorger celle-ci.

Bref, l’influence de Fuller se fait encore sentir aujourd’hui et ce n’est pas pour rien que de nombreux cinéastes lui ont rendu hommage au fil des années, entre autres en lui demandant de faire des apparitions caméo dans leurs propres films. Fuller a ainsi joué dans Pierrot le fou de Jean-Luc Godard, L’état des choses et l’ami américain de Wim Wenders et 1941 de Steven Spielberg. Il a aussi fait l’objet d’un excellent documentaire intitulé The typewriter, the Rifle and the Movie Camera (1996) dans lequel des cinéastes tels que Jim Jarmusch, Quentin Tarantino et Martin Scorsese lui rendent un vibrant hommage, le tout parsemé d’entrevues avec ce coloré personnage et fascinant conteur qu’était Fuller.



Ses films Shock Corridor, The Naked Kiss , Pickup on South Street et The Big Red One ont atteint aujourd’hui le statut de films cultes.

Tuesday, February 24, 2009

The Wilhelm Scream

MISE A JOUR

NOUVELLE ALERTE !! Dans le film INGLORIOUS BASTERDS de Tarantino : dans le dernier chapitre, durant la projection du film noir et blanc NATION'S PRIDE, pas longtemps après un gros plan montrant un soldat atteint à l'oeil droit (qui saigne abondamment), on voit un autre soldat qui tombe de haut en direction de la caméra en poussant un Wilhelm Scream (qui a été légèrement modifié mais pas assez pour ne pas le reconnaître !)


ALERTE AU WILHELM SCREAM !!! AOUT 2009 !!!

DANS LE FILM "KNOWING" avec Nicolas Cage !! vers 1h02min 02 sec, dans la sequence catastrophe du metro, on entend le Wilhelm Scream !!


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Il y a des films cultes, il y a des séries cultes, il y a des acteurs/actrices cultes … et il y a même des effets sonores cultes. C’est le cas du célèbre Wilhelm Scream.

Le cri de Wilhelm

Le Wilhelm Scream, dont l’auteur demeure a ce jour inconnu, est un cri particulièrement efficace enregistré en studio au début des années 50 et utilisé pour la première fois dans le film Distant drums (1951). Il était sensé représenter le cri d’un homme se faisant bouffer par un alligator. Le cri était tellement évocateur qu’il fut réutilisé deux ans plus tard dans le film The Charge at Feather River (1953) lorsqu’un personnage secondaire appelé Wilhelm est atteint d’une flèche à la jambe.

Le reste, comme on dit, fait partie de l’histoire … Ce cri si particulier a depuis été utilisé à toutes les sauces, dont TROIS fois dans la finale du film de science-fiction THEM ! (1954) (voir compilation ci-dessous). Dans les années 80s, le monteur de son Ben Burtt, un des nombreux artisans Hollywoodiens vouant un culte au «Wilhelm Scream», le fit connaître à toute une nouvelle génération de spectateurs en l’intégrant à la trame sonore du film Star Wars Episode IV : A New Hope (voir ci-dessous).

Plus récemment, le Wilhelm Scream a été entendu dans le dernier épisode de la trilogie de LORD OF THE RINGS. Depuis, des millions de spectateurs partout dans le monde restent aux aguets et tendent l’oreille, attendant sa prochaine manifestation ! On l'entend dans le film DEATHPROOF de Tarantino, durant la scène où Stuntman Mike (Kurt Russell) entre en collision avec la voiture des quatre filles qu’il a rencontrées au bar … On l’entendrait aussi lorsque la mascotte prend en feu dans le film BLADES OF GLORY … D’autres l’auraient entendu durant la scène de l’attaque de Darwin dans AUSTRALIA … Et vous ? Vous l’avez entendu récemment ?? aaaAAAAAAHHHaaaa !!


Compilation du Wilhelm Scream :





Historique du Wilhelm Scream :



Liste des films comprenant le Wilhelm Scream ici